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Publié par André Thobois

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Ce jour-là, le brouillard était si dense, que du môle d’escale de la Pallice (l’avant-port de la Rochelle), on ne distinguait rien de l’île de Ré. Pourtant, elle était là, toute proche, à quelques petits kilomètres... Le rivage de la mort est estompé, lui aussi, par des brumes telles que nul ne peut l’apercevoir. Chaque jour, cependant, des contingents impressionnants doivent y aborder. Beaucoup, il est vrai, n’y sont pas préparés

D’une certaine manière, mourir c’est plonger dans l’inconnu. C’est pourquoi la mort, quoiqu’on affirme, suscite l’effroi. On a beau dire qu’elle est une loi de la vie, qu’elle est inexorable, que le monde, sans elle, serait invivable... On a beau tout mettre en œuvre pour la retarder le plus possible, malgré tout, elle est là ; et elle frappe, à tort et à travers, semble-t-il, des adultes et des enfants, des gens en bonne santé et des malades, des riches et des miséreux. Elle frappe autour de nous. Elle frappe les nôtres, en attendant de nous atteindre nous aussi.

Que dire alors à nos proches, à nos amis, à ceux qui sont dans le deuil ? Nos paroles, nous le sentons bien, sont toujours insuffisantes, ce qui ne veut pas dire qu’elles sont inutiles. Au contraire, les témoignages de sympathie, surtout s’ils s’ajoutent à ceux de l’amitié, sont extrêmement précieux. Que pouvons-nous dire de plus ? Rien, en fin de compte, sinon reprendre les paroles d’un autre, celles de celui qui est le maître de la vie et aussi de la mort qu’il a vaincue, le Dieu de Jésus-Christ. Ces paroles se trouvent dans ce livre qu’on appelle la Bible. Quelqu’un, en le présentant, disait (et il avait raison) que, s’il a apaisé le plus de consciences, et régénéré le plus de caractères, c’est aussi le livre qui a séché le plus de larmes.

Notre plus grand besoin

La Bible le précise : la mort n’aura pas toujours le mot de la fin. Un jour, elle sera vaincue. « La mort ne sera plus (1) » affirme-t-elle. C’est une grande espérance qui nous est ainsi donnée. Mais en attendant, nous sommes là, avec nos peines, nos inquiétudes et nos questions. Nombre de personnes voudraient savoir ce qu’il en est du sort de leurs morts. Elles cherchent (un peu tard probablement) à être rassurées à leur sujet ; il leur semble qu’alors tout irait mieux pour elles. Mais bien plus que d’être rassurés, nous avons besoin, dans nos deuils, d’être consolés.
Or il se trouve que Dieu est, comme l’affirme encore la Bible, « le Dieu de toute consolation (2) ». Cela veut dire qu’il est capable de consoler dans toutes les situations. Qui n’a, un jour, été le témoin des efforts d’une grande sœur pour consoler son petit frère ou sa petite sœur en larmes ? Caresses, baisers, paroles les plus tendres restent vains. Mais voici la maman ; elle prend l’enfant dans ses bras ; il s’apaise. Une mère n’arrive pas toujours à consoler son enfant. Dieu, lui, console toujours de vraie consolation ceux qui s’en remettent à lui. Comment s’y prend-il ? C’est le mystère de son amour. La Bible nous apprend que sa capacité de souffrir avec nous (sa compassion pour garder le terme biblique) est infinie (3). Jésus lui-même sait prendre part à nos souffrances. Il a connu le deuil, il a affronté la mort ; il sait ce qu’elle est ; mais il connaît également le chemin de la victoire. Aussi, plus que la compassion même, est-ce le secours qu’il veut apporter (4). Cette souffrance qui est la nôtre, ce deuil qui nous accable, cette solitude qui nous fait peur, il les partage avec nous, il les porte avec nous, il va même jusqu’à s’en charger pour nous ; sa présence tout invisible qu’elle soit, son action, sa parole, sèchent les larmes. Pourquoi ? Je ne suis pas sûr de pouvoir l’expliquer. Pourquoi celles de la mère sont-elles plus efficaces que celles de la grande sœur, même si les gestes sont semblables et si ce sont les mêmes paroles ? Pourquoi ? Parce que c’est la mère.

Il frappe à notre porte

Le Christ de l’Evangile se penche ainsi sur chaque douleur. Il arrive sans bruit. Nulle escorte ne le précède. Avec une discrétion étonnante, il frappe à notre porte. Pourquoi ne pas lui ouvrir ? Il voudrait, par l’action de son Esprit (que l’Evangile appelle : le Consolateur), déposer en notre cœur, consolation, espérance et paix, plus même, il voudrait rester toujours avec nous. Ceux qui cheminent en sa compagnie n’échappent pas aux peines communes à tous les humains ; leurs larmes, néanmoins, sont illuminées par leur foi en lui, une force qui ne vient pas d’eux roule la pierre qui les écrase, une espérance nouvelle leur est donnée et ils découvrent que, désormais, rien, ni personne, pas plus la mort que la vie, ni maintenant, ni jamais, ne pourra les arracher à son amour (5).


Citations bibliques :
(1) Apocalypse 21.4
(2) 2 Corinthiens 1.3
(3) 1 Chroniques 21.13
(4) Hébreux 2.18
(5) Romains 8.39

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